SIX FEET UNDER – VIE ET MORT de la meilleure série au monde.

SIX FEET UNDER – (2001 – 2005)

Retrospective de la meilleure fiction au monde.

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Toute chose à une fin

 


Présentation de la série

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Présenter la meilleure série au monde n’est pas chose aisée, mais j’ai la lourde responsabilité de vous forcer à regarder cette série aussi vais-je simplement citer le site officiel  de Six Feet Under, histoire que les présentations soient succintes et pas trop dithyrambiques (pour le moment).

[lien vers le site officiel français : link]

source : http://www.sixfeetunder-france.com/presentation/index.php

Diffusée sur HBO aux Etats-Unis et sur Canal Jimmy, Canal + puis France 2 en France, cette série est un véritable bijou d’humour noir devenue une série culte dans la lignée des Sopranos. Rarement, à mon avis, une série télé n’aura atteint une telle qualité, tant au niveau du scénario que de l’interprétation des acteurs.

Six Feet Under a été créée par Alan Ball le scénariste de l’excellent et décapant American Beauty en 2001 et est désormais à la tête de la sulfureuse série True Blood. C’est la chaine HBO qui diffuse la série (ainsi que les Sopranos).

 

 

Il s’agit d’une série résolument anticonformiste qui brise plusieurs tabous. Le premier tabou est celui de la mort : l’action de la série se déroule dans une entreprise funéraire familiale, Fisher & Sons.

L’Histoire :

Après la mort accidentelle du père, Nathaniel Fisher Senior, ce sont ses deux fils qui héritent de l’entreprise basée à Los Angeles. La disparition de Nathaniel va faire basculer l’existence de tout le reste de la famille. Nathaniel, le fils ainé, ayant fui le foyer familial très tôt, revient pour les obsèques de son père et ne repartira plus. Après avoir tant fui le climat austère et lugubre de sa maison, il reprend l’affaire avec son frère David, qui lui, s’est voué corps et âme à l’entreprise. La famille Fisher est donc à nouveau réunie au complet dans la même maison : Ruth, la veuve éplorée tiraillée entre la culpabilité et l’envie de continuer sa vie de femme (elle entretenait une liaison avec un coiffeur avant que son mari ne passe l’arme à gauche), Claire la cadette, âgée de 17 ans en pleine crise d’adolescence et existentielle, qui va au lycée dans son corbillard repeint en vert et raillée par l’ensemble de ses camarades. Quant à David, il est le fils « modèle » celui qui prend toutes les responsabilités et tente tant bien que mal de gérer Fisher & Sons, menacée par une chaine funéraire qui veut faire couler l’entreprise. Cependant, sous sa carapace d’homme fort, il tente de refouler son homosexualité en la vivant sporadiquement de façon clandestine. A ces personnages s’ajoutent Brenda, la petite amie de Nathaniel rencontrée dans le vol qui le menait à Los Angeles le jour de la mort de son père. Brenda est une fille plutôt fantasque et légère mais sous cette apparence bien des mystères demeurent…Quant à feu Nathaniel Fisher (Richard Jenkins), il vient régulièrement hanter les siens et demeure un personnage récurrent de la série, ponctuant les scènes de ses commentaires toujours sarcastiques.

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Chaque épisode démarre par une scène où l’on assiste à la mort d’une personne qui sera « prise en main » par Rico, le « réparateur » de cadavres de la maison funéraire. On suit alors les évènements qui suivent la mort du personnage, son histoire personnelle et sa famille. Parallèlement, on suit les tourments et les interrogations de la famille Fisher. Là où l’anticonformisme est manifeste c’est dans le choix des victimes : on assiste à la mort d’un enfant de 6 ans ou bien celle d’un bébé (ce qui se fait rarement dans les autres séries), d’une ex-star du porno, etc… Tout cela étant montré sans l’ombre de voyeurisme, sans climat malsain.

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Un des autres tabous brisé est celui de l’homosexualité, Alan Ball le scénariste, ouvertement gay, a décidé de montrer des scènes d’amour entre hommes très explicites. Comme il l’expliquait lors d’une interview d’Alain Carrazé (Canal Jimmy), contrairement aux autres séries où il y a le gay de « service  » joyeux et épanoui, il a choisi de montrer l’indécision, les doutes, la culpabilité qui assaillent David tout au long de la série (ça s’arrangera par la suite), les difficultés à s’assumer en tant que tel.

Malgrès le contexte qui semble d’office lugubre et sinistre, la réussite de Six Feet Under réside sans doute dans son humour décapant et cynique. Car c’est une série très drôle : dans l’épisode pilote on assiste à des pubs hilarantes, ainsi on peut voir de belles filles présenter un corbillard à la manière du Juste Prix (sans Philippe Risoli, ouf !). On voit aussi une pub vantant les produits de maquillage pour les morts… Bref, c’est vraiment de l’humour noir.

Forte du bouche à oreille très élogieux à son égard, Six Feet Under, est très appréciée par le public et les critiques. La série s’est terminée en pleine gloire, dans un bouquet final absolument détonnant au terme de sa cinquième saison, donnant une sensation de finition plutôt que d’interruption. On se souviendra à jamais d’elle comme l’une des plus belles séries ayant eu comme sujet la mort.

 


LES PERSONNAGES

Nathaniel Fisher (Nate) interprété par Peter Krause:

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Nate est le fils aîné de la famille Fisher, il a environ 35 ans. Supportant mal le climat austère et pesant de l’entreprise familiale, il a fui le cocon familial très tôt. Au début de la série, il vit à Seattle et travaille dans une entreprise dans le domaine de l’environnement. Sa vie va radicalement changer avec le décès de Nathaniel, son père. Il va se retrouver confronté à tout ce qu’il a cherché à éviter tout au long de sa vie : sa famille. D’abord totalement réfractaire à reprendre l’entreprise Fisher & Sons, il va se prendre au jeu. Du coup, il ne repart plus à Seattle et reste à Los Angeles. Peut-être est-ce aussi à cause des beaux yeux de Brenda qu’il choisit de rester. Cette jeune femme intelligente et énigmatique qu’il a rencontré sur le vol le menant à Los Angeles alors qu’il s’apprête à rejoindre sa famille pour Noël. Le même jour, Nathaniel Fisher meurt dans un accident de la route au volant de son corbillard.

Le personnage préféré de la plupart des fans car c’est lui qui est le plus proche des spectateurs au début de la série, revoyant sa famille sous un nouveau jour et acceptant sa destinée à contre-coeur (reprendre le flambeau de Fisher and Sons). La fin de la saison 1 va également entraîner un changement permanent chez ce personnage et le rendra encore plus attachant.

Extrait d’un passage délirant de Nate :

 

 

David Fisher interprété par Michael C.Hall :

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Dave est, à première vue, un jeune homme tout ce qu’il y a de plus vertueux. Il s’est dévoué corps et âme à Fisher & Sons, il s’investit beaucoup dans la paroisse de son quartier, il est poli, calme. Il promène son petit air de roquet coincé dans la sinistre demeure, incapable de communiquer avec sa famille. Sous cette carapace se cache le vrai Dave, le gay refoulé tiraillé entre son désir de normalité, sa culpabilité et son envie d’assouvir sa réelle identité. Il vit sa sexualité de façon clandestine. Au fil des épisodes, le personnage de Dave, devient moins lisse et s’assume de mieux en mieux. Ses rapports avec sa famille vont se radoucir et même se renforcer, surtout avec Nate. Pourtant les tourments n’en finissent pas d’agiter son esprit torturé.

Un personnage également très apprécié, surtout par la communauté gay, car il retranscrit parfaitement les désagréments par lesquels peuvent passer les homosexuels lors de leurs coming-out . David devient réellement intéressant lorsqu’il se décide enfin à faire son coming out…

Extrait d’un passage délirant de David ::

 

Claire Fisher interprétée par Lauren Ambrose:

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Claire est la cadette de la famille Fisher, elle a 17 ans. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est une adolescente qui se sent à part de tout le monde. Elle se sent à part d’abord dans sa famille où tous les sentiments sont étouffés, contrôlés alors qu’elle a besoin du contraire. Elle est considérée par les autres comme une fille morbide et bizarre ( elle va au collège en corbillard repeint en vert ), elle a très peu d’amis. Au premier rang de ses rares amis : Gabe, un adolescent tout aussi perdu qu’elle avec qui elle vivra l’épisode du  » pied « .

Probablement mon personnage préféré car j’ai beaucoup de points communs avec Claire (Roux, blasé alors qu’on vient à peine de commencer notre vie, manque de confiance en soi, introverti, peu d’amis, cherche un substitut d’amitié/d’amour (?) dans le net, arrogant sur les bords etc…) , elle regroupe essentiellement tous les mauvais côtés des adolescents et que les spectateurs ont pu avoir dans leur vie tout en essayant de faire de son mieux sans jamais y arriver. Elle devient vraiment intéressante dans les saisons 2 et 3 où l’on s’attache vraiment à elle en tant que personne et non plus en tant que personnage principal.

Extrait d’un passage délirant de Claire :

 

Extrait d’un passage délirant entre la fratrie :

 

Ruth Fisher interprétée par Frances Conroy

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C’est la mère du clan Fisher. Elle devient veuve dès le début de la série. Dans les premiers épisodes on peut découvrir une Ruth austère, puritaine, rigide, qui ne se laisse pas submerger par ses sentiments. Au fil des épisodes, tout comme David, elle devient plus  » humaine « , plus épanouie. On découvre que ce n’est pas un personnage aussi lisse qu’il y parait. On apprend notamment qu’elle entretenait une relation adultérine avec Hiram, un ancien coiffeur. Puis viendra Nikolai, le marchand de fleurs…Une des scènes des plus réussies mettant en scène Ruth est sans doute l’épisode où elle part faire du camping avec Hiram et qu’elle gôute malgré elle aux plaisirs artificiels …

Un personnage tragi-comique car elle a refoulée ses sentiments pendant de nombreuses années avant d’exploser totalement pour agir de manière inattendue venant d’une femme de son âge. Elle devient vraiment intéressante et drôle en cours de saison 1, Frances Conroy jouant admirablement bien cette femme qui cherche une nouvelle vie au travers d’amants transitoires.

Moment totalement épique de Ruth:

 

Deuxième passage épique :

 

 

 

Federico Diaz (Rico) interprété par Freddy Rodriguez

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Federico dit Rico est l’employé de Fisher & Sons, d’origine modeste il a pour grand rêve de devenir un jour l’associé de l’entreprise. C’est un employé surdoué qui fait des miracles même dans les cas les plus critiques ( cas de Chloé Yorkin qui s’explose la tête contre un panneau routier ). Durant toute la première saison Rico est en proie à un cruel dilemme : rester fidèle aux Fisher ( Nathaniel a payé ses études ) ou pactiser avec le diable : la firme Kroener. L’infâme Gilardi, un des représentants de Kroener, ne cesse de harceler Rico pour qu’il passe à l’ennemi…

J’aime beaucoup ce personnage, malheureusement peu étoffé dans la saison 1 mais qui a un rôle de plus en plus important aux cours des saisons suivantes. Rico c’est un peu l’esclave de la famille Fisher, doté d’un talent hors norme en matière de reconstruction et d’embaumement mais totalement exploité par ses employeurs… ce qui entraînera un bon retournement de situation lors de la saison 1.

Moment délirant de Rico :

 

Pour les autres personnages, autant regarder la série pour avoir la surprise :p


On rit, on pleure – On vit, on meure

 

Qu’est-ce qui fait que tout le monde est si dithyrambique à propos de cette série ?

« L’histoire ? » Certainement, mais ce n’est pas non plus une série à un rythme très rapide, la saison une met énormement de temps à placer le contexte, les personnages, leur psychologie et leur passé… Alors pourquoi ?

« Les Personnages, les acteurs ? » Assurément les personnages sont intéressants et parfois jamais vu avant dans une série télévisée… mais là encore il faut du temps pour les appréhender correctement et puis on peut avoir du mal à apprécier correctement le jeu des acteurs au début de la série quand on ne connaît pas encore les personnages.

 

« La musique, alors ? » Très franchement dans la première saison la musique est quasiment absente (hors génériques de fin et d’ouverture)…

« Le rythme de la série ? » Non, comme dit précedemment la série dispose d’un rythme anormalement lent, qui s’attarde sur les sentiments des personnages comme jamais une série ne l’avait fait auparavant et qui peut sembler un peu lent pour les spectateurs non avisés.

 

L’humour noir ? Certes, traiter de la sorte du plus grand tabou de l’humanité – La mort- à quelque chose à voir avec le succès de la série, mais… non, on ne se poile pas toutes les 5 minutes devant son écran en criant au génie du réalisateur…

« Bon c’est quoi alors ? »

Vous voulez vraiment savoir ? Vraiment ?…

 

Tout simplement… tout... tout dans cette série provoque une synergie pour former la série parfaite… C’est cet ensemble qui fait de la série ce qu’elle est. Pris à part, les éléments sont bons mais sans saveurs. Là on obtient le plat parfait que l’on consomme sans même en ressentir de satieté.

 

Par la manière dont la mort est traitée, sans pincettes, mais pas crûment non plus.

Par la manière dont sont présentés les morts, tantôt violentes, tantôt douces (plus ou moins), mais jamais… Ô jamais insignifiantes.

Par la manière dont on côtoie la mort auprès des Fisher pour donner un sens à notre propre vie. Par la manière dont la musique accompagne la série comme une seconde peau dans la dernière partie de la série.

Par la manière dont les acteurs ont de donner « VIE » à leurs personnages.

Par la manière dont on n’a jamais une idée préconçue de comment concevoir la mort, par la manière dont on est juste guidé sur comment accepter cet évènement dans notre vie.

Par la manière que la série à de nous aider dans nos deuils passés et à venir…

Par la manière que la série à de nous présenter la vie sur un plateau et de nous dire « Vas-y, c’est maintenant, profites-en ! Demain le plat aura peut-être changé, demain on sera peut-être fermé, demain tu ne seras peut-être plus là… »

Et… surtout, par la manière dont la série se conclue… La meilleure fin qu’une fiction puisse proposer. La plus émouvante et la plus belle fin jamais contée. Celle où l’on pleure devant des images en parfaite alchimie avec du son… celle où l’on se dit que la série était un long voyage mais que la destination tout comme le voyage comptent (contrairement à Lost).

Une fin qui réussit à ne pas être pathos (mon dieu Lost… <___<), à ne pas faire dans la surenchère, mais à nous livrer des émotions simples, des émotions vraies.

Bref, Six Feet Under est une série magistrale selon moi, parce qu’elle m’a ouvert les yeux sur la mort, au début j’étais blasé comme l’étais Claire dans la saison une, mais on finit par apprendre à vivre avec au quotidien.

Il n’ y a pas de raison à la mort, tout comme il n’y a pas de raison à la vie et la série à su ne pas imposer son propre point de vue tout au long des 65 épisodes. Ajoutant une pincée de spiritualité et de religion où il le fallait et en enlevant totalement aux moments opportuns.

L’épisode final est l’épilogue parfait.

Et je pense que la série restera indétrônable sur ce point, tout comme dans le développement des personnages et les délires de fou furieux qui peuvent la parsemer.

Six feet under c’est drôle, c’est triste, c’est loufoque, c’est étrange, c’est provocateur, c’est sexy… et tout cela sans jamais être malsain.

Et on va arrêter avec les superlatifs parce que je viens de dépasser mon quota de « dithyrambisme » pour le mois :p.

Pour finir le message de la série ça serait un truc comme ça :

« Vivez la vie pleinement, demain sera peut-être votre dernier jour sur cette Terre. Ah et pensez à commenter ce blog, ça augmentera votre karma ! »

 

 

 


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